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Écrit par Emmanuel   
Samedi, 20 Décembre 2008 12:15

 L'Internet au sens large du terme est à ce jour en phase de mutation. Il a un impact direct sur nos vies, mais tout n'est pas si simple qu'il n'y paraît.

Rappelons le fonctionnement de l'Internet.

L'Internet est ce que l'on appelle : " le Réseau des réseaux" ; mais pour commencer qu'est donc un Réseau ?
Un Réseau est un ensemble d'ordinateurs (au moins 2) qui sont reliés ensemble. Pour relier ces ordinateurs on utilise dans la majorité des cas un switch (ou un HUB) qui permet de renvoyer l'information au bon (à tous) PC relié(s).
Dans le cas de gros réseaux on relie plusieurs switchs/HUBs ensemble.

Et l'internet ? L'internet est un ensemble de réseaux qui sont reliés entre eux.
Ces réseaux d'opérateur IP sont ce que l'on appelle les Autonomous System (AS) qui sont, par exemple, des Fournisseurs d'Accès Internet (Orange, Free, Neuf...) des hébergeurs, de grands réseaux IP (Renater, Amplivia...) ou des opérateurs telecom ayant aussi une activité IP (France Telecom, Neuf-Cegetel...).

Mais quand on envoie des informations (en fait, des paquets IP) à une machine qui se situe sur un autre AS, comment ça marche ?

Il y a 2 possibilités :
- Soit les 2 AS échangent leurs paquets IP sur un GIX,
- Soit les 2 AS ne sont pas reliés l'un à l'autre directement. Le trafic passe alors par des opérateurs plus importants (transit provider) qui s'échangent entre eux le trafic (souvent sur des noeuds d'échange ou bien eux-même remontent encore d'un niveau jusqu'à trouver un noeud d'échange). On comprend donc l'intérêt d'un noeud d'échange qui va limiter le nombre d'intermédiaires pour transporter les informations d'une source à une destination.

Pourquoi nous ne sommes pas tous égaux devant l'offre des fournisseurs d'accès et de services Internet ?

Les infrastructures coûtent très cher à mettre en oeuvre. Par exemple, 1 mètre de génie civil pour enfouir les fourreaux et les fibres coûte environ 100 euros le mètre linéaire. Une fois l'enfouissement fait, la fibre 'noire' (noire car 'non allumée' dite : 'équipement passif') doit-être allumée pour pouvoir transporter les données numériques. Il faut donc des équipements à chaque extrémité de la fibre. Chaque équipement (selon le modèle) a une émission de signal plus ou moins long. Plus l'équipement est puissant (portée plus longue, mais pas que celà) plus il coûtera aux opérateurs. De plus, dans bien des cas, il faut répéter le signal pour qu'il ne s'affaiblisse pas entre les deux extrémités d'une fibre (celà dépend de la longueur du tronçon de fibre), en ajoutant des répéteurs d'ondes. Puis, il faut qu'à l'extrémité l'opérateur ajoute d'autres équipements du genre DSLAM, routeurs, switchs qui permettront de livrer le service voulu au client final. Ces équipements sont bien souvent doublés afin d'éviter la coupure de service si un équipement tombait en panne. Puis vient se rajouter les coûts humains, la maintenance des réseaux, les taxes et autres impots.

On peut maintenant comprendre ce que pèse un tel déploiement pour un opérateur télécom.

La rentabilité : L'élément essentiel pour toute société

Tout opérateur, fourniseur d'accès internet (FAI) ou autres sociétés, quelque soit leur métier, est obligé de faire des calculs de pérénité avant chaque investissement (déploiement) car, comme vous avez pu le juger au paragraphe précédent, dans le cas d'infrastructures télécom, celà a un coût. 

Alors forcément, l'opérateur, quel qu'il soit, ne peut pas travailler à perte (d'ailleurs on a pas le droit de vendre à perte), ce qui fait que s'ils prenaient le risque de venir jusqu'au village des quelques centaines d'habitants, ils devraient répercuter leurs investissements sur le tarif de vente.

Une solution permet d'avancer : Les ROIP !!!

L'état Français a décidé de permettre aux collectivités locales de réaliser les investisements nécessaires afin de leur permettre d'organiser l'anénagement numérique de leur territoire. Ceci est désormais possible depuis 2005 grâce à l'article L1411-1du Code des Collectivités Territoriales. 

Le but étant de :

Réduire la fracture numérique de leur territoire en utilisant des technologies convergeantes : Fibre optique, xDSL, Wimax et Wifi.

La gestion des R.O.I.P : 

Aujourd'hui on retrouve un modèle dominant : La Délégation de Service Public (D.S.P).

La D.S.P n'est que le début d'un projet et non un projet complet !

A ce jour, certaines collectivités locales s'aperçoivent que le modèle sous DSP est très rigide et n'apporte pas les resultats économiques excomptés, mis à part quelques exceptions se comptant sur les doitgs d'une main.

Tarifs non égalitaires entre certaines classes d'opérateurs.
Les opérateurs locaux ont bien du mal à tirer leur épingle du jeu.
Les relations avec certains délégataires ne sont pas si simples.
Les réseaux publics ne sont pas tous aussi ouverts qu'on veut bien le dire.

Tout ceci a déjà des conséquences !

Selon l'association FRANCOMTIX, si la France veut relever le défi qui nous est lancé et espérer faire partie des pays de tête au classement des pays Numériques, il est urgent d'adapter le fonctionnement actuel de notre société. 

Il faut organiser une collaboration honnête entre acteurs privés et services publics. En effet, les services publics n'arriveront pas à faire tout ceci sans collaborer pleinement avec les professionnels locaux, pour qui, selon les arguments déployés lors de présentation des projets, sont mis en place ces réseaux très haut débit. Un réseau aussi performant soit-il n'est rien sans offreurs de services et consommateurs !!!

 

Mis à jour le Dimanche, 21 Décembre 2008 15:20